Comment faire du compost : l'engrais gratuit que vous jetez chaque jour
Épluchures, feuilles, fumier : avec ce que vous jetez, vous pouvez fabriquer un engrais gratuit. La méthode simple, étape par étape.
L'équipe Voix de la Nature · Vendredi 30 octobre 2026 · 3 min de lecture
En bref : le compost transforme vos déchets de cuisine et de champ en une terre noire et riche. C’est un engrais gratuit. Il permet de garder le même champ fertile pendant des années, au lieu d’aller défricher plus loin.
Pourquoi le compost change tout
Votre sol, c’est comme un compte en banque. Chaque récolte retire un peu de sa richesse. Si personne n’en remet, le compte se vide : au bout de deux ou trois saisons, la récolte baisse.
C’est ce qui pousse beaucoup d’agriculteurs à défricher toujours plus loin, parfois jusque dans le parc. Couper des arbres, brûler, retourner une nouvelle terre : c’est le travail le plus dur qui existe. Et trois ans plus tard, il faut recommencer.
Le compost, c’est la façon de remettre de l’argent dans le compte.
Le mot à retenir : la matière organique
Les feuilles, les épluchures, les herbes, le fumier : ce sont des restes de plantes et d’animaux qui pourrissent et nourrissent le sol. On les appelle la matière organique. Un sol riche en matière organique garde mieux l’eau, nourrit mieux les plantes, et reste fertile plus longtemps.
Ce qu’on peut mettre dans le compost
Oui :
- les épluchures de banane, de manioc, de patate douce, de légumes ;
- les feuilles vertes et les herbes coupées (sans graines si possible) ;
- les feuilles sèches, la paille, les tiges de maïs et de haricot ;
- le fumier de chèvres, de poules, de lapins, de cobayes ;
- un peu de cendre de bois.
Non :
- le plastique, le métal, le verre ;
- la viande, les os, l’huile (ils attirent les chiens et les rats) ;
- les plantes malades ;
- les excréments humains et ceux des chiens et des chats.
La méthode en 4 étapes
- Choisissez un endroit à l’ombre, près de votre maison ou de votre champ. Faites un tas, ou creusez un trou d’environ un mètre de large.
- Faites des couches, comme un gâteau : une couche de déchets verts (épluchures, herbes fraîches), puis une couche de déchets secs (feuilles sèches, paille), puis un peu de terre ou de fumier. Recommencez jusqu’à ce que le tas soit haut.
- Gardez le tas humide, pas mouillé. Il doit être comme une éponge pressée. Arrosez un peu quand il fait sec. Couvrez-le avec des feuilles de bananier quand il pleut beaucoup.
- Retournez le tas toutes les deux à trois semaines avec une houe ou une fourche. Ça fait entrer l’air et accélère le travail.
Après deux à quatre mois environ, le compost est prêt : il est noir, il s’émiette, et il sent bon la terre de forêt.
Comment l’utiliser
Mettez une ou deux poignées de compost au fond de chaque trou de plantation, ou étalez-le en fine couche au pied des plantes. Pour aller plus loin, couvrez ensuite le sol avec de la paille : c’est le paillage.
Le double gain
| Vous gagnez | La nature gagne |
|---|---|
| Un engrais gratuit | Moins de forêt défrichée |
| De meilleures récoltes | Moins de déchets |
| Un champ qui reste fertile des années | Un sol vivant |
Questions fréquentes
Est-ce que le compost sent mauvais ? Un compost bien fait sent la terre. S’il sent mauvais, il est trop mouillé : ajoutez des feuilles sèches et retournez-le.
Je n’ai pas d’animaux, est-ce que ça marche quand même ? Oui. Le fumier accélère le compost, mais des déchets verts, des feuilles sèches et un peu de terre suffisent.
Le compost remplace-t-il complètement l’engrais acheté ? Pas toujours. Mais il réduit beaucoup le besoin d’engrais, et il améliore le sol à long terme, ce que l’engrais chimique seul ne fait pas. Un agronome peut vous conseiller selon votre culture.
Cet article fait partie de la série « Cultiver sans détruire », née de la 3e édition du Café écologique Voix de la Nature. À lire aussi : le paillage, pour moins désherber et moins arroser.